dimanche 2 juin 2013

Rectify, Saison 1 : Clap de fin

Je viens de terminer la première saison de Rectify -non sans mal vu les bugs récurrents sur mon site de streaming préféré. Ceci réduit encore ma liste de séries en cours de visionnage, inutile de préciser que c'est catastrophique..
Bref, Rectify, c'est une série qui passe plutôt inaperçu je trouve, et à tords. Parce qu'elle vaut vraiment le coup. Comme à chaque fois que je me lance dans un visionnage, c'est parce que le synopsis m'a interpellée. Logique. Après 19 années passées en prison pour viol et meurtre, Daniel Holden est finalement disculpé grâce à des analyses ADN. De retour dans sa ville natale, cet homme, qui n'avait que 18 ans lorsqu'il avait été emprisonné et condamné à mort, tente de se reconstruire une nouvelle vie. Pas évident quand ton entourage te considère toujours comme un criminel et qu'on a passé ces dernières années à attendre la mort ! Comme d'habitude, merci Allo Ciné.


Avant de me lancer donc, et de suivre la nouvelle vie de Daniel -magistralement interprété par Aden Young- à la sortie du couloir de la mort, je ne savais absolument pas à quoi m'attendre, et je me disais qu'on pouvait partir dans tout un tas de directions.


Est-ce qu'on allait se diriger vers une série façon Banshee ? Totalement barrée, violente et plutôt tirée par les cheveux à certains moments ? Ou est-ce qu'on allait faire dans le réalisme, avec les émotions et la lenteur qui pourrait en découler ? La réponse arrive bien vite, dans le premier épisode : c'est une série qui s'annonce lente et riche en émotions. C'est d'ailleurs un reproche que pas mal de personnes peuvent lui faire : la lenteur. Pourtant on sait où on va dès le début, donc si les gens veulent du sang, de l'action à tous les épisodes avec des tueries et des bombes qui pètent de partout, qu'ils passent direct leur chemin et surtout qu'ils arrêtent de comparer cette série à Derrick -WTF?!- parce que c'est tout simplement honteux. Je suis la première à aimer quand ça bouge, je ne le nie pas, mais quand l'action est uniquement là pour combler un scénario plat et le jeu fade des acteurs, je suis tout autant la première à zapper parce que finalement, ça n'a pas grand intérêt sauf si on veut mettre ses neurones sur pause.

Rectify, c'est donc l'un de mes coups de coeur du moment que je vous recommande fortement. C'est une atmosphère particulière, lourde. Le retour de Daniel dans sa ville divise et on se demande comment nous, on réagirait si on savait qu'à quelques mètres de chez nous, un ancien taulard, accusé du pire, venait poser ses bagages comme si de rien n'était. Parce que comme les habitants du coin, on ne sait pas si il est vraiment coupable. Il a été innocenté par des analyses ADN certes, mais il a aussi avoué, 20 ans plus tôt. Et c'est là qu'on ne sait pas trop quoi ressentir pour ce type. Des avoeux, sous la pression et la fatigue, n'importe qui peut en cracher. Alors ouais, on sait pas trop..
Et puis, son retour à la vie normale est plus que difficile, forcément. Il redécouvre sa maison, sa ville. Et surtout il essaie de se réadapter. Pas évident quand on s'est construit en prison. Il est comme un ado attardé qui redécouvre les choses simples de la vie. Voir le ciel et le soleil par la fenêtre, un basique pour un homme libre, pas pour lui. Du coup, il est touchant et attachant, et coupable ou non, on en vient à compatir. On s'imagine à sa place, totalement paumé dans un monde qui a évolué sans nous.
Et la série mise tout là dessus, sur ses tentatives de retrouver sa place au sein de sa famille, de s'adapter à cette société comme tout d'un coup trop moderne pour lui.


C'est riche en émotions sans tomber dans un pathos outrancier. Certes on ressent une certaine tristesse et une profonde compassion pour Daniel, mais c'est pas pour autant qu'on fait dans le cul-cul avec des débordements niaiseux de bons sentiments. J'ai horreur de ça et Dieu merci, Rectify ne tombe pas dans cette facilité là. Pas de morale, pas de scènes larmoyantes et de pleurnicheries excessives, tout est maîtrisé pour vous toucher sans pour autant vous envoyer au pays des Bisounours. Alors certes, j'y reviens, c'est lent, très lent dans certains épisodes, mais c'est absolument utile pour cerner les émotions des personnages et puis, comme dit plus haut, on fait dans le réalisme avec cette série, dans le psychologique. Ce manque d'action ne m'a jamais empêchée, à chaque fin d'épisode, d'attendre le suivant avec impatience pour espérer, entre autre, la réponse à la principale question qu'on se pose tous : coupable ou non ?
La réponse peut être dans la saison 2, qui a été annoncée récemment. Ouf.

6 commentaires:

  1. J'ai bientôt fini les Bates Motel, et je me demandais par quoi j'allais enchaîner.. J'ai confiance en tes goûts, je vais me lancer dans celle-ci. Les trucs trop lents j'ai un peu de mal, mais tu donnes de bons arguments qui donnent quand même envie de regarder ! ^^

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  2. Oooh quelle confiance !! :)
    Tu m'en diras des nouvelles, si t'accroches ou pas !!!

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  3. Mais où est-ce que tu trouves toutes ces séries ?!! Très souvent tu parles de certaines dont j'en avais absolument jamais entendu parler !!!

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  4. Haha, y a pas mal de calendriers sur le net qui permettent de savoir quand certaines séries sortent !

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  5. Je suis comme toi en général, j'aime aussi les séries qui bougent. Mais j'avoue que des séries comme Rectify, de temps en temps ça fait du bien. Ça me rappelle que je peux encore m'émouvoir et compatir, ça me rappelle que mon coeur n'est pas encore totalement en pierre.

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